Voici le début de: Une vie, ma vie... de ma naissance à maintenant.
Comme annoncé, je vais maintenant pour terminer ce blog, vous raconter ma vie tout simplement, de ma naissance à ma retraite.
Espérant que ce récit vous enchantera aussi bien que mes aventures de marin de commerce.
Prologue de: Une vie, ma vie.
Dans les années 60, à 24 ans, l'auteur devenu marin pour fuir une première femme et la crise de mai 68, attendra 30 ans pour nous livrer ses souvenirs du bout du monde en deux volumes parus en 1998 et 1999:
De Bâbord à Tribord, tome I & II
Enfin à la retraite en 2004, il reprend la plume comme promis, cette fois-ci pour nous raconter simplement sa vie, de sa naissance à maintenant en n'oubliant rien, ou presque.
Comme dans ce dernier livre l’écriture est aussi crue que dans ses premiers écrits, cela nous promet des scènes cocasses, osées, à la limite du racontable, mais si le lecteur a supporté les histoires de marin, il n'y a aucune raison qu'il ne supporte pas celles-ci.
Bonne lecture.
Prologue sur ma vie de Marin du commerce.
Drôle de milieu que celui de la marine, et pourtant, nous savons gré à Maurice Renard de nous avoir retranscrit, après plus de trente ans, toutes ces histoires "salées" qui n'ont aucune prétention édifiante et puritaine.
Ce blog est celui d'un homme qui a vécu et qui veut faire rire. Rien n'y est tragique dans le style, et pourtant, tout ce qui y est raconté est aussi divers que dans la vie toute entière.
Émouvant sans vouloir l'être, tel serait selon nous le style de l'auteur qui s'efface tout en racontant sa vie à bord
Lecture conseillée aux dépressifs !
Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930
04 Avril 2010 à 01:29 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Regardez bien. La «Belle Époque » (qui ne l'était guère pour les humbles) venait de finir ; l'ère industrielle commençait, que bouscule aujourd'hui l'avenir électronique. Ce passé paraît très dépassé, comme le sera demain votre présent ; et pourtant pour les survivants il a été leur jeune quotidien. Ce monde rural évanoui, fourmillant de figures, de toilettes, d'usages, d'outils périmés, c'est du Breughel récent.
Près de 100 photos vous seront donc présentés dans l’album photos. (Petit à petit...)
Avec le zoom, vous pourrez parfaitement voir des détails pratiquement invisibles à l’œil.
Bonne promenade dans le, mon Loiret rural, de 1900 à 1930
Tiré du livre: Le Loiret rural de 1900 à 1930, de la Sté Nlle des éditions du Chêne, Paris
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 1
04 Avril 2010 à 01:26 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Depuis les peintures des cavernes, il existe une machine à remonter le temps, dont le moteur fut la main et qui fournit de l’image-document.
De la paroi à la toile ou à la poterie, elle aura fonctionné vingt mille ans, jusqu'à Niepce, qui de l'artiste l'a fait passer à l'artisan, qui rend l'image automatique et, du même coup, reproductible. Les frères Lumière, au nom prédestiné, devaient compléter la chose avec la caméra qui ressuscite le mouvement.
L'époque-charnière, c'est la fin du xixe et le début du xxe, avec la carte postale, que nos grands-parents, saisis par la photo, ont très vite substituée à la miniature du xvme, à l'assiette populaire enluminée de scènes naïves ou commémoratives.
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 2
04 Avril 2010 à 01:20 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Le Loiret du début du siècle évoque irrésistiblement ces provinces où les grands événements s'épuisent en rumeurs. Les laveuses qui battent leur linge dans les vapeurs parfumées d'iris, les semeurs jetant le grain à la volée, les bergers assoupis près de leurs troupeaux renvoient à un monde quelque peu irréel qu'on imagine volontiers soumis aux seuls caprices des saisons. Pourtant, derrière ces images attendrissantes qui inclinent à la nostalgie, se dissimulent l'indigence, la vétusté d'un habitat ancien et surtout la fastidieuse répétition du labeur quotidien.
Malgré la proximité de la capitale et la modernisation des techniques rurales, le Loiret perpétue en effet, dans les années 1900, les traditions de la vieille agriculture pastorale. Les travaux et les loisirs y obéissent encore à des règles strictes renforcées par le particularisme des terroirs.
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 3
04 Avril 2010 à 01:10 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Paradoxalement, le renouvellement des baux et des fermages, qui ouvre juridiquement l'année rurale, en signe l'achèvement dans les vignobles de l'Orléanais et du Giennois. Après le nettoyage des plants et la remontée des terres ravinées, les vignerons des vallées attendent la taille de printemps en exploitant nonchalamment les multiples ressources du fleuve et de ses boires*1.
Tant que le niveau des eaux le permet, ils retirent de l'ample lit de la Loire le jar*² rocailleux et dur destiné à l'entretien des routes du département. Le charroi des graviers ne s'arrête que pour la récolte des osiers. Sur les sables des îlots mouvants, les brins sont alors fauchés et bottelés avec soin. Ramenés, sous Ies ciels déjà cotonneux de septembre, vers les métairies des coteaux, ils macéreront tout l'hiver dans d'étroites auges de pierre ou des étiers détournés des ruisseaux.
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 4
04 Avril 2010 à 01:05 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Comme pour prendre la relève des régions de culture, l'Orléanais s'anime, en effet, dès la levée des mois roux. Dans les vieilles maisons écrasées par leurs lourdes toitures de tuiles, les hommes reprennent alors l'habit du bûcheron ou enfilent le large pantalon de velours resserré aux chevilles qui distingue les charpentiers et les scieurs de long. Jour après joui; chaque petit matin, ils s'enfoncent sous les rouvres et les pins, et gagnent les zones d'abattage d'une forêt fortement saignée. Ils n'en reviennent qu'à la tombée de la nuit, fourbus, mais la musette gonflée d'une récolte de champignons ou d'un lièvre levé sous les Hachures1.
L'éloignement des coupes les oblige parfois à partager la vie des bûcheux venus des marais ou des départements voisins.
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 5
04 Avril 2010 à 00:59 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Dans les cafés du Val, les vignerons discutent ainsi des mérites respectifs du meulon* et du meslier* jaune, devant les bouteilles d'auvernat ou de pinot. En Gâtinais et en Beauce, la bière ou Peau de vie anime les éternelles controverses sur les blés américains ou les fumures de cendres. La Sologne redit la chasse, Paguet dans les roseaux, Penvol des canards sur les étangs moirés. L'Orléanais ressasse ses vieilles craintes sur l'épuisement des loges. Chaque terroir se répète à l'infini dans l'abandon ou le heurt de phrases fortement accentuées que les veillées achèvent en murmures.
Sur les plateaux beaucerons, où le bois de chauffage est rare, les familles se transportent à l’étable dès sept heures du soir. Après le traditionnel repas de soupe aux choux trempée de pain et de fromage, dans la chaleureuse exhalaison des bêtes, elles y attendent l'heure rituelle du coucher sous les couettes de plumes.
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 6
04 Avril 2010 à 00:54 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
L'eau de vie de raisin est, avec le rhum, la boisson favorite des soirées de l'Orléanais. Mais chaque village, chaque ferme y possède ses rites particuliers pour préparer le punch des veillées. Simple mélange d'alcool et d'eau bouillante ici, il se rehausse là de grains de poivre ou de clous de girofle.
La diversité parfois exclusive des recettes répercute l'organisation sociale propre à ces bourgs maigres où les cultures affleurent parfois jusqu'au seuil des habitations. Regroupés à la lisière de la forêt ou dans ses essarts, les villages semblent de loin, comme ceux de Beauce, se tasser sur eux-mêmes. Mais contrairement aux maisons des plateaux, les constructions aux façades quelquefois dissimulées par la retombée des toits, ne s'accolent pas les unes aux autres. Edifiées selon les règles identiques -bâtiments de ferme en équerre flanquant le logis - elles préservent entre elles comme une rupture symbolique.
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Le, mon Loiret rural de 1900 à 1930 / 7
04 Avril 2010 à 00:50 - Maurice Renard - 0 Commentaire(s)
Tandis qu'ils accomplissent, de la paume et des ongles, leur ingrate besogne, les régions d'élevage connaissent l'agitation des tontes. Simple épisode de la vie rurale sur les herbages solognots, elles deviennent spectaculaires dans les immenses fermes beauceronnes, véritables cités ouvrières qui abritent quelquefois dans une unique enceinte plus d'ouvriers agricoles que chacun des hameaux disséminés sur la solitude des plateaux.
Dans certaines d'entre elles, les tondeurs nomades délivrent de leur laine jusqu'à six cents moutons en deux ou trois semaines. L'odeur du suint emplit alors les granges et les fenils vidés de leur fourrage. Le claquement bref des longs ciseaux d'acier y ponctue inlassablement le bêlement des animaux, couchés sur le dos, pattes liées, que les hommes emprisonnent dans l'étau de leurs cuisses.
La disparition des tondeurs et la vente des élèves, jeunes agneaux nés pendant l'hiver, commandent le départ des bergers.
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